Relever (verbe)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Remettre debout ce qui était tombé; remettre une chose dans la situation où elle doit être, une personne dans son attitude naturelle. "Relever un enfant qui a fait une chute. Relever un blessé. Relever une chaise qu'on a fait tomber. Relever une statue, une colonne qui est renversée. Le navire, qui penchait, se releva lentement. On avait couché la tige de cette plante, elle s'est relevée d'elle-même."
En termes de Marine, "Relever un bâtiment," Le remettre à flot. "Relever l'ancre," La changer de place, la mettre dans une autre situation.
En termes de Jeu, "Relever les levées qu'on a faites," Ramasser les cartes qui ont été jouées, les retourner et les mettre devant soi. "Relever les cartes," Les rassembler, réunir le jeu.
Fig. et fam., "Relever le gant," Accepter un défi.
"Se ," en parlant d'une Personne, se dit particulièrement pour Se remettre sur ses pieds. "Il glissa sur le sol et eut beaucoup de peine à se . Voilà un enfant qui est tombé, aidez- le à se ." Il signifie aussi Sortir de nouveau du lit. "Il a été obligé de se quatre fois cette nuit. Il ne saurait demeurer au lit, il se relève à tout moment."
RELEVER signifie aussi Rétablir ce qui était tombé, ce qui était ruiné, ce qui était à l'abandon. "Faire des murailles." "Relever des fortifications. Relever un fossé."
"Relever une maille," Reprendre une maille rompue ou simplement tombée.
Fig., "Relever une maison, une famille, une personne," La remettre dans un état de prospérité d'où elle était déchue. "Le père avait ruiné la famille, le fils l'a relevée. Il lui fallait" "une grande alliance pour sa maison. Il a fait un héritage important, cela l'a relevé."
Fig., "Se de quelque perte, de quelque échec, etc.," Se remettre de quelque perte, etc. "Cette perte, cette banqueroute l'a accablé, il ne pourra jamais s'en . Pensez-vous qu'il puisse se d'un tel coup? Ils eurent quelque peine à se d'une pareille défaite."
Fig., "Se d'un état d'abaissement, de décadence etc." ou, absolument, "Se ," Sortir d'un état d'abaissement, de décadence, etc. "Cet empire parut, un moment, près de se . Leur puissance tomba pour ne plus se ."
Fig., "Cette pièce, qui était presque tombée à la première représentation, s'est relevée aux représentations suivantes," Elle y a obtenu du succès.
Fig. et fam., "Relever quelqu'un du péché de paresse," L'obliger par des reproches, des ordres pressants, des menaces, à travailler, à mieux remplir ses devoirs.
Fig., "Relever un titre" se dit, dans une famille noble, de Quelqu'un qui reprend un titre auquel sa famille avait droit et qui avait été abandonné.
Fig., "Relever le courage, les espérances de quelqu'un," Exciter, ranimer son courage faire revivre ses espérances.
RELEVER signifie encore Hausser, rendre plus haut. "Ce terrain est trop bas, il faut le de trois pieds. Il faut ce plancher pour le mettre au niveau du palier de l'escalier."
"Relever sa tête, la tête," La lever, la hausser lorsqu'elle était baissée. "Relever la tête" signifie, au figuré, Reprendre du courage, de l'audace. "Cette faction, qu'on croyait abattue, relève la tête."
Fig., "Relever un prix," L'augmenter.
RELEVER signifie aussi Retrousser. "Relevez votre robe, votre manteau. Relever les bords d'un chapeau."
Il se dit absolument, en termes de Manège, des Chevaux qui ont le galop élevé, qui lèvent les pieds très haut au galop, au trot ou au pas. Pas "relevé. Les chevaux anglais ne relèvent point."
"Relever un cheval," Le soutenir de la main et de l'éperon pour lui faire porter la tête plus haute et l'asseoir sur les hanches.
RELEVER signifie aussi Donner un goût plus piquant, un plus haut goût à des assaisonnements, à des sauces, à des ragoûts. "Le vinaigre, le jus de citron relèvent une sauce. Il manque à ce ragoût quelque chose qui le relève."
Il se dit figurément, dans un sens analogue, en parlant des Ouvrages de l'esprit. "Il faut que le style soit simple, mais non sans quelque agrément qui le relève. Rien ne relève la platitude de cet ouvrage."
Il signifie encore, au figuré, Faire paraître davantage une chose, lui donner plus de relief, plus d'éclat. "Cette garniture relèvera votre toilette. La couleur de cette étoffe relève votre teint. Relever la beauté. Sa modestie relève toutes ses autres qualités."
"Relever sa condition, sa dignité, sa charge," Honorer sa condition, sa dignité, donner du lustre, de l'éclat aux fonctions qu'on remplit. "Il a bien relevé sa charge par son mérite personnel."
RELEVER signifie aussi, figurément, Faire valoir, louer, exalter une chose. "Relever une bonne action, en le mérite. Vous relevez trop le peu que j'ai fait."
Il signifie encore Faire remarquer, souligner; et il se dit en bonne et en mauvaise part. "Il se plaît à les beautés d'un ouvrage, au lieu d'en faire remarquer les défauts. Cette parole avait été dite sans mauvaise intention, elle ne méritait pas d'être relevée. Relever les fautes d'un écrivain. Il a dit mille choses spirituelles que personne n'a relevées."
"Relever un mot piquant," etc., Répondre vivement à celui qui l'a dit. "Il m'a décoché une épigramme, mais je l'ai bien relevée."
Fig., "Relever quelqu'un," Le reprendre avec aigreur, en lui faisant voir qu'il a parlé mal à propos. "Il avait avancé une proposition choquante, mais on l'a bien relevé."
En termes de Chasse, "Relever un défaut" ou, simplement, "Relever," Retrouver la voie que l'on avait perdue.
RELEVER signifie également Prendre en note, dresser un état. "J'ai relevé dans cette histoire tous les passages qui concernent tel personnage."
En termes de Commerce, "Relever un compte," Prendre note des opérations portées sur ce compte.
RELEVER, en termes de Topographie et d'Hydrographie, signifie Déterminer, au moyen du compas de marine ou d'autres instruments la position d'un objet et la reporter sur la carte, sur un plan. "Relever un cap, un vaisseau, à telle partie de l'horizon."
"Relever un plan," Prendre le plan d'une ville, d'une place, etc.
RELEVER, en termes de Guerre, signifie Remplacer, mettre un nouveau corps de troupes à la place d'un autre. "Relever la garde. Relever les postes. Relever de garde une compagnie. Relever une troupe. Cette division vient d'être relevée."
Il se dit pareillement du Corps, de la troupe même qui succède à une autre dans un poste. "Cette troupe va telle compagnie."
"Relever une sentinelle, un factionnaire," Ôter un soldat qui est en sentinelle et en mettre un autre à sa place. "C'est au caporal à les sentinelles." Cela se dit également du Soldat qui prend la place de celui qu'on ôte de sentinelle. "C'est un tel qui a relevé son camarade de sentinelle;" et absolument, "C'est lui qui relèvera un tel."
En termes de Marine, "Relever le quart, le timonier, etc.," Les changer.
RELEVER se dit, par extension, en parlant de Toute occupation dans laquelle on remplace une autre personne. "Je suis fatigué de lire, relevez-moi. Nous nous relevions d'heure en heure."
En termes de Jurisprudence, il signifie Libérer d'un engagement, d'un contrat, lequel est déclaré nul ou cassé pour cause de lésion ou d'une nullité de fait ou de droit. "Tout mineur lésé est en droit de se faire des actes qu'il a passés en minorité. Il fut relevé de ce contrat, de cette obligation."
"Se faire de ses voeux," Faire déclarer ses voeux nuls. On dit de même : "Relever quelqu'un d'un serment."
"Relever quelqu'un d'une interdiction," Lever l'interdiction portée contre lui.
"Relever quelqu'un de ses fonctions," Le révoquer.
RELEVER est aussi verbe intransitif et signifie Commencer à se porter mieux, en sorte qu'on n'est plus contraint de garder le lit. "Il relève de maladie," Il vient d'être malade. "Cette femme relève de couches," Elle vient de se rétablir de ses couches.
Il signifie encore Se guérir, se rétablir. "On n'espère pas qu'il en relève."
RELEVER, , signifiait, en termes de Jurisprudence féodale, Être dans la mouvance d'une seigneurie, dans le vasselage d'un seigneur. En ce sens il se disait tant des Terres et des fiefs que des Personnes. "Ce fief, cette terre relevait de telle seigneurie, de tel seigneur. C'était une fort belle terre, qui ne relevait que du roi. Il relevait d'un tel, à cause de sa terre de..."
Il signifie, par extension, Être dans une sorte de dépendance de quelqu'un, ressortir de. "Celui de qui relèvent tous les empires. Il veut ne de personne. Cette administration relève de telle autre."
"Cette affaire relève de la correctionnelle, de la Cour d'assises," Elle est du ressort de la police correctionnelle, de la Cour d'assises.
Fig. et fam., "Cela ne relève que du mépris," Il n'y a qu'à mépriser cette injure, cette accusation.
Le RELEVÉ s'emploie adjectivement. "Être d'une condition relevée," Appartenir à une grande famille, à une famille distinguée, au-dessus du commun. "Avoir des sentiments relevés," Avoir des sentiments nobles, généreux. On dit plus ordinairement : "Avoir des sentiments élevés."
"Une pensée relevée," Une pensée noble, élevée. "Un sujet relevé, une matière relevée," Une matière qui, par la grandeur de son objet, est au- dessus de la portée du commun des hommes.
"Un ragoût, une sauce d'un goût relevé," Un ragoût, une sauce d'un haut goût.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Remettre debout, sur ses pieds, dans sa position naturelle.
HAUTER.: « Marin, viens m'aider à me . - Hé monsieur, j'aurais besoin qu'on me relevât moi-même »
BOSSUET: « Il [le fils du prince de Condé] voit [à Senef] ce grand prince renversé dans un fossé sous un cheval tout en sang ; pendant qu'il lui offre le sien et s'occupe à le prince abattu.... »
FÉN.: « Hazael, me regardant [moi agenouillé] avec un visage doux et humain, me tendit la main et me releva »
VOLT.: « Il a été plus aisé [au gouvernement pontifical] de les obélisques et de construire des palais et des temples, que de rendre la nation commerçante et opulente »
    Terme de marine. Relever un navire, remettre à flot un navire que le vent ou la mer a fait échouer.
    Relever l'ancre, la mettre dans une autre situation.
    Relever la galère, se disait des forçats qui se soulevaient contre leurs officiers et se rendaient maîtres du bâtiment.

 2   Terme de jeu. Relever les cartes, les remettre dans l'état où il faut qu'elles soient pour jouer un nouveau coup.
    Relever les mains, les levées qu'on a faites, rassembler les cartes qui ont été jouées, les retourner et les mettre devant soi

 3   Relever la balle du pied du tambour, à la paume, prévenir avec adresse, par la volée, un coup de tambour.
    Relever une bille, au billard, l'éloigner de la blouse.

 4   Trousser, retrousser. Relevez votre robe.
RAC.: « Laissez-moi ces voiles détachés Et ces cheveux épars dont vos yeux sont cachés »
BUFF.: « Non-seulement il [le merle d'Amboine] chante ses amours au printemps, mais il relève alors sa longue et belle queue et la ramène sur son dos d'une manière remarquable »
STAËL: « Elle avait relevé les tresses de ses cheveux »

 5   Hausser, rendre plus haut. Il faut ce plancher.
    Fig.
SÉV.: « Relevez vos idées pour M. de Lauzun ; le roi lui a redonné ses entrées »
    Relever la tête, sa tête, la hausser lorsqu'elle était baissée.
VOLT.: « Et, relevant mon front prosterné vers son trône, [la reine] M'a vingt fois appelé l'appui de Babylone »
C. DELAV.: « Il s'approcha, guidé par un bandit, Sans résister, sans la tête »
    Fig. Relever la tête, reprendre courage. Les factions commencent à la tête.
BÉRANG.: « Ô France, ô ma patrie, Relève enfin ton front cicatrisé »
    Relever la moustache avec le fer, la passer au fer chaud, afin qu'elle ne retombe pas sur les lèvres.
    Fig. Relever la moustache à quelqu'un, réprimer son outrecuidance.

 6   Terme de manége. Relever un cheval, le soutenir de la main et de l'éperon, pour lui faire porter la tête plus haute et l'asseoir sur les hanches.

 7   Relever en broderie, rehausser de broderie le fond de quelque étoffe.
    Terme de lingère. Relever une maille à un bas, la reprendre, la refaire. Relever du velours, le repasser à l'envers après l'avoir mouillé pour faire redresser les poils froissés. Relever un volant, une garniture, les repasser après qu'ils ont été chiffonnés.

 8   Terme de maçonnerie. Exhausser une maison ou un mur.
    Relever les ciselures, tailler les bords d'un parement de pierre pour le dresser.
    Relever à bout, démonter un pavage pour le refaire entièrement.
    Terme de marbrier. Se dit de la dernière opération du polissage.
    Terme de menuisier. Déplacer un parquet pour le rétablir ou remettre des lambourdes. Relever les moulures, les achever, y faire les dégorgements nécessaires.
    En peinture de décor, donner plus de saillie à certains objets, ou en raviver les teintes.

 9   Terme de maréchal. Relever un fer, ôter un fer qui branle et le rattacher solidement.

 10   Augmenter la grandeur d'une pièce de chaudronnerie, en étendant le cuivre à coups de marteau.
    Former, sur une pièce de fer, des sillons qui font paraître les reliefs plus saillants.
    Terme de tanneur. Relever des peaux sur la traite, les tirer de la chaux pour les faire égoutter sur le bord du plain.

 11   Rétablir ce qui était tombé en ruine, ce qui avait été renversé.
RAC.: « Quand verrai-je, ô Sion, tes remparts Et de tes tours les magnifiques faîtes ? »
RAC.: « Relevez, relevez les superbes portiques Du temple où notre Dieu se plaît d'être adoré »
    Fig. Relever une maison, une famille, lui rendre sa première opulence, son premier éclat.
MONTESQ.: « Ils [les gens de finance] relèvent toutes les grandes maisons par le moyen de leurs filles, qui sont comme une espèce de fumier qui engraisse les terres montagneuses et arides »
VOLT.: « Relevant ma famille au glaive dérobée, Il la remit au rang dont elle était tombée »
    On dit de même : un parti.
DUCLOS: « Le seul nom de Scanderbeg était capable de un parti »

 12   Fig. Relever quelqu'un, le retirer de l'état malheureux où il était.
VOIT.: « Vous avez bien raison de l'appeler [une dame] la plus belle et la meilleure du monde, puisque, de si loin, elle sait ceux qui sont abattus »
SACI: « Evilmérodach, roi de Babylone, tira de prison Joachin, et le releva de l'état malheureux où il était »
BOSSUET: « C'est de là [l'incrédulité] que nous la verrons sortir pleine de gloire et de vertu, et nous bénirons avec elle la main qui l'a relevée »
    Absolument.
PASC.: « Après avoir fait ce chemin.... on décline misérablement.... néanmoins un rayon d'espérance, si bas que l'on soit, relève aussi haut qu'on était auparavant »
    Cela l'a bien relevé, se dit d'un homme à qui il est arrivé quelque grande fortune.
    Il se dit des choses qu'on relève.
CORN.: « Quarante, qui l'eût cru ? quarante, à leur abord, D'une armée abattue ont relevé le sort, Du côté des vaincus rappelé la victoire.... »
SACI: « Le Seigneur a voulu choisir son peuple pour le sanctifier, pour rendre sa loi célèbre, et pour en la grandeur »
PASC.: « Pour abaisser notre orgueil et notre abjection »
BOSSUET: « Le jeune Scipion.... non content d'avoir relevé les affaires de Rome en Espagne, alla porter la guerre aux Carthaginois dans leur propre ville »
BOSSUET: « C'est Jésus-Christ et son Église ; il a mis dans cette Église une autorité, seule capable d'abaisser l'orgueil et de la simplicité »
RAC.: « La Grèce avec douleur Vous voit du sang troyen le malheur »
    Relever la chute de quelqu'un, le de sa chute, la réparer.
CORN.: « Oui, Pompée avec lui porte le sort du monde, Et veut que notre Égypte, en miracles féconde, Serve à sa liberté de sépulcre ou d'appui, Et relève sa chute ou trébuche sous lui »
    Relever sa condition, son état, sa fortune, augmenter sa dignité, ses richesses.
    Relever le courage, les espérances, ranimer le courage, faire revivre les espérances.
PELLISSON: « Il a répondu que cette grâce n'augmenterait pas son zèle, mais qu'elle lui relèverait bien le courage »
PASC.: « Il faut le courage de ces gens timides qui n'osent rien inventer en physique, et confondre l'insolence de ces téméraires, qui produisent des nouveautés en théologie »
BOSSUET: « La reine relevait leur espérance Donner de l'élévation morale. »
FÉN.: « Je crois que cette action est belle, et elle vous relève plus que la prise de Veies »
LA BRUY.: « Ils [les stoïciens] ont laissé à l'homme tous les défauts qu'ils lui ont trouvés, et n'ont presque relevé aucun de ses faibles »
GENLIS: « Je ne négligeais aucune occasion de la à ses propres yeux »

 14   Relever une race, l'améliorer.
BUFF.: « Tous les jours, on relève, on ennoblit les races en les croisant »

 15   Fig. Rendre plus éminent.
ROLLIN: « Philippe et Alexandre son fils relevèrent extrêmement la gloire de ce royaume [de Macédoine] »

 16   Relever la conversation, lui rendre de la vivacité alors qu'elle languissait.
GENLIS: « Le baron, pour l'entretien, se creusait la tête, et ne pouvait trouver que quelques phrases décousues »

 17   Donner un haut goût, un goût plus piquant. Le vinaigre relève une sauce.
BARON: « Relevez ces cardons par un peu de fromage »
    Fig. En parlant des ouvrages d'esprit. Il sème son style de toute sorte d'agréments qui le relèvent.
CHAUL.: « De nos amis une agréable troupe, Parmi des mets exquis et des vins délicats, Du sel de leurs propos relevait ces repas »

 18   Fig. Donner plus de relief, plus d'éclat.
RÉGNIER: « Relèvera sa grâce avec des artifices »
VOIT.: « La fortune.... laquelle, ne le pouvant encore abandonner [Alexandre] tant d'années après sa mort, ajoute à ses conquêtes une personne qui les relèvera plus que la femme et les filles de Darius »
PASC.: « Quand une femme a de l'esprit, il l'anime [sa beauté] et la relève merveilleusement »
BOSSUET: « Et vous, lorsque, tentée de par quelque parure cette modestie qui commence à vous paraître trop nue »
BOSSUET: « Que dirai-je de sa libéralité ?.... tantôt par des paroles touchantes, tantôt même par son silence elle relevait ses présents »
BOSSUET: « Le jeune prince, dont la victoire avait relevé la haute contenance »
RAC.: « Les ombres, les flambeaux, Les cris et le silence, Et le farouche aspect de ses fiers ravisseurs Relevaient de ses yeux les timides douceurs »
RAC.: « Et vous ne comparez votre exil et ma gloire, Que pour mieux votre injuste victoire »
FÉN.: « Ses longs malheurs même lui donnaient je ne sais quel éclat qui relevait toutes ses bonnes qualités »
MASS.: « Toutes les personnes de notre rang et de notre âge usent de cette parure, ont recours à cet artifice pour une vaine beauté »
MONTESQ.: « Quand vous relevez l'éclat de votre teint par les plus belles couleurs »
VOLT.: « Cet Acomat [du Bajazet de Racine] me paraît l'effort de l'esprit humain ; je ne vois rien dans l'antiquité ni chez les modernes, qui soit dans ce caractère ; et la beauté de la diction le relève encore »
VOLT.: « Les éloges que j'ai donnés à ce prince [le duc de Cumberland] pour davantage la gloire de son vainqueur »
BUFF.: « Le blanc de la tête était relevé par deux petites taches noires situées au-dessus des yeux »
STAËL: « On eût dit que les défauts mêmes d'Oswald étaient faits pour ses agréments »
    Relever sa condition, sa dignité, sa charge, donner du lustre à sa condition. à la dignité dont on est revêtu, aux fonctions qu'on remplit.
PASC.: « Ce que l'on garde pour sa condition ou celle de ses parents n'est pas appelé superflu »

 19   Fig. Faire valoir, louer, exalter.
RÉGNIER: « La Muse.... De gloire et de renom relevait mon dessein »
FLÉCH.: « Tout relève, tout bénit sa mémoire »
FLÉCH.: « Et relevant la naissance de notre illustre duchesse, j'irais chercher dans l'histoire ancienne les sources de la noble famille d'Angennes, dont la gloire, la grandeur et l'ancienneté sont assez connues »
ROLLIN: « Platon, en plus d'un endroit, prend à tâche de la journée de Marathon »
MONTESQ.: « Homère relève dans ses héros la force, l'adresse ou l'agilité »
VOLT.: « Ce qui m'a paru le plus beau dans le discours de M. le prince de Beauvau, c'est le secret qu'il a trouvé de tous les services que M. le duc de Choiseul a rendus à l'État »
DIDER.: « Les livres saints, pour la sagesse de Salomon, mettent en opposition avec elle la sagesse des Orientaux »

 20   Faire remarquer en bien ou en mal.
SCARR.: « Ce qu'il dit ne chut pas à terre, Maître Aenéas le relevant »
SÉV.: « Il y a une grande différence entre lire un livre toute seule, ou avec des gens qui relèvent les beaux endroits et qui réveillent l'attention »
BOSSUET: « Cela ne méritait pas d'être relevé »
BOSSUET: « L'Église ne foudroie pas toujours les erreurs naissantes ; elle ne les relève point, tant qu'elle peut espérer qu'elles se dissiperont par elles-mêmes »
BOURDAL.: « Une parole qu'il a dite dans le sens le plus juste et avec l'intention la plus pure et la plus innocente, ils la relèvent, ils l'empoisonnent »
BOILEAU: « Nous autres satiriques, Propres à les sottises du temps, Nous sommes un peu nés pour être mécontents »
ROLLIN: « Polybe relève, dans la conduite des Messéniens à l'égard de Sparte, un ancien défaut qui fut la cause de tous leurs malheurs »
LESAGE: « Il ne m'échappait pas un mot qu'ils ne relevassent comme un trait admirable »
MONTESQ.: « Par bonheur pour nous, il [Mazarin] ne parle pas bien français.... nous relevâmes, il y a quelques jours, une faute de grammaire si grossière, qu'on en fit des farces par tous les carrefours »
VOLT.: « C'est ici le cas de un étrange conte que font nos historiens »
VOLT.: « Les mêmes spectateurs qui applaudissaient aux pièces médiocres des autres auteurs, relevaient les moindres défauts de Molière avec aigreur »
CONDIL.: « Aujourd'hui la prononciation des gens du monde est si simple, que ceux qui la choquent légèrement ne peuvent être relevés que par peu de personnes »
MARMONTEL: « Qu'il fallait mépriser ces choses-là, et qu'elles tombaient d'elles-mêmes lorsqu'on ne les relevait point »
GENLIS: « On lui connaissait [à Mme de Maintenon] une mémoire prodigieuse ; elle serait là [comme gouvernante] pour les contradictions, les inconséquences »
    Familièrement. Relever un mot piquant, répondre vivement à celui qui l'a dit.
    Relever quelqu'un de quelque chose, le reprendre de quelque chose.
BOURDAL.: « Si vous remarquez dans vos maisons un domestique oisif, vous savez bien le du désordre de la paresse »
BUFF.: « J'aime autant une personne qui me relève d'une erreur, qu'une autre qui m'apprend une vérité, parce qu'en effet une erreur corrigée est une vérité »
    Absolument. Relever quelqu'un, le reprendre avec aigreur ou sévérité, en lui faisant voir qu'il a parlé mal à propos.
MONTESQ.: « Si quelqu'un allait attaquer quelque honnête citoyen, il ne serait pas mal relevé »
VOLT.: « Ni moi, ni l'illustre savant qui me relève si bien, ne savons précisément combien de temps Mahomet fut facteur de la veuve Cadige, qu'il épousa depuis »
    Familièrement. Relever quelqu'un du péché de paresse, lui reprocher de manquer à ses devoirs et le contraindre à les remplir.

 21   Terme de vénerie. Relever le défaut, ou, simplement, , retrouver la voie qu'on avait perdue, et lancer la bête une seconde fois

 22   Noter, consigner, enregistrer.
CHATEAUBR.: « Tous les voyageurs modernes ont visité Éleusis ; toutes les inscriptions en ont été relevées »
BOUVARD: « J'ai relevé sur les registres de l'Observatoire royal les observations faites pendant onze années »

 23   Terme d'hydrographie. Déterminer la position d'un objet que l'on aperçoit.
LAPÉROUSE: « Le 22, nous relevâmes à midi le cap des Vierges, à quatre lieues dans l'ouest »
    Terme de marine. Relever une côte, en dessiner la vue ou l'aspect.
BOUGAINVILLE: « La veille au soir, on avait aperçu du haut des mâts une petite île qui fut relevée depuis le nord-ouest jusqu'au nord-ouest-quart-ouest du compas »
LAPÉROUSE: « Les brumes m'ont empêché de les Kuriles au nord de Marikan »
    Terme d'arpentage. Déterminer avec la planchette, avec la boussole, des positions sur le terrain.

 24   Remplacer une autre personne dans une occupation. Je suis fatigué de lire, relevez-moi.

 25   Terme de guerre. Mettre un homme, une troupe en place d'un homme, d'une troupe pour un service déterminé. Relever la garde. On releva la troupe qui était à la tranchée. Relever de garde une compagnie.
    Fig.
DIDER.: « Sénèque et Burrhus sont deux soldats en sentinelle qui doivent garder leur poste jusqu'à ce que la mort vienne les en »
    Absolument. On vient de cette compagnie.
    On dit dans le même sens : les tranchées, les postes.
    Relever une sentinelle, un factionnaire, et de sentinelle, ôter un soldat qui est en sentinelle, et en mettre un autre à sa place.
    Il se dit aussi du corps, de la troupe même qui succède à une autre dans un poste. Cette troupe va telle compagnie. Les voltigeurs furent relevés par les grenadiers.
    Cela se dit également du soldat qui prend la place de celui qu'on ôte de sentinelle. C'est un tel qui a relevé son camarade de sentinelle ; et absolument : c'est lui qui a relevé un tel. Fig. On le relèvera bien de sentinelle, on prendra garde à ses actions, on ne le laissera pas faillir impunément.
SÉV.: « J'admire que le jésuite se livre comme il fait ayant nos frères les jansénistes pour auditeurs, qui tout d'un coup le relèveront de sentinelle, au moment qu'il y pensera le moins »
SÉV.: « Langlade vous mande qu'une autre fois.... il la releva bien de sentinelle sur des sottises qu'elle lui disait »
    Terme de marine. Relever le quart, le timonier, les changer.

 26   Terme de cuisine. Remplacer un service ou un plat par un autre.
LA BRUY.: « Il se souvient exactement de quels plats on a relevé le premier service »

 27   Relever un plant, le tirer de terre pour le repiquer.
BOSC: « Lorsqu'on le relève [le plant de frêne] à un an, il faut lui donner le moyen de se fortifier encore une année, en le mettant en rigole »

 28   Terme de jurisprudence. Libérer d'un engagement.
VOLT.: « Le pape le relève [Valdemar roi de Danemark] d'un serment fait en prison et par force »
D'ALEMB.: « Je crois que cette raison seule devrait engager le souverain pontife à au moins de leurs voeux tous les jésuites français, espagnols et portugais »
CHATEAUB.: « J'écrirai à l'évêque de Québec ; il a les pouvoirs nécessaires pour vous de vos voeux »
    Se faire de ses voeux, faire déclarer ses voeux nuls.
    Relever quelqu'un d'une interdiction, lever l'interdiction portée contre lui.
VOLT.: « Un moine ayant été rebuté un jour par Théodose II qu'il importunait, le moine excommunia l'empereur ; et ce césar fut obligé de se faire de l'excommunication par le patriarche de Constantinople »
    En termes d'ancienne pratique, un appel, se faire autoriser, par lettre du sceau ou par un arrêt, à poursuivre l'appel qu'on avait interjeté d'une sentence.
    Ancien terme de jurisprudence. Relever l'appelant, l'autoriser à ne pas appeler tout de suite d'un jugement.
MONTESQ.: « À moins qu'il n'y ait grande et évidente cause de l'appelant »

 29   Terme de féodalité. Relever le fief, donner au seigneur féodal ce que la coutume a réglé pour avoir l'investiture d'un fief comme vacant par la mort du vassal.

 30   V. n. Terme de manége. Lever les pieds très haut en galopant. Les chevaux anglais ne relèvent point.

 31   Terme de féodalité. Être dans la mouvance d'une seigneurie. Ce fief relevait du comte de Champagne.
VOLT.: « Naples, qui relevait du pape après avoir relevé des empereurs »
    Par extension, dépendre.
ROTR.: « Car, ne relevant pas de mon autorité, Le crime qu'elle a fait est d'autre qualité »
MOL.: « Et vous pourriez n'oublier pas Que vous avez un coeur et des appas Qui relèvent de ma puissance »
SÉV.: « Vous dites des merveilles, ma fille, en parlant de la fierté et de la confiance de la jeunesse ; il est vrai qu'on ne relève que de Dieu et de son épée ; on ne trouve rien d'impossible »
BOSSUET: « Celui qui règne dans les cieux, et de qui relèvent tous les empires »
FLÉCH.: « Un roi qui ne relevait de personne, et qui n'avait à répondre de ses actions qu'à lui-même »

 32   Relever de maladie, commencer à se porter mieux, n'être plus alité.
SÉV.: « On me mande encore que cette H.... est à la cour.... elle relève d'une maladie »
VOLT.: « Vos maladies, dieu merci, sont passagères ; je ne relèverai pas de la mienne qui conduit tout doucement dans l'autre monde »
    Fig.
CORN.: « Au sortir de Pharsale un si grand capitaine Saurait mal son métier, s'il laissait prendre haleine, Et s'il donnait loisir à des coeurs si hardis De du coup dont ils sont étourdis »
    On ne croit pas qu'il en relève, il n'y a pas apparence qu'il relève de là, il est bien malade et l'on croit qu'il n'en réchappera pas.
SACI: « Vous ne relèverez point du lit où vous êtes, mais vous mourrez très certainement »

 33   Sortir de la maison après ses couches, aller entendre la messe et recevoir la bénédiction du prêtre. Madame une telle relèvera demain.
MAINTENON: « On s'établira à Versailles pour y faire les couches de Mme la Dauphine, elle en relèvera à la fin d'août »
    Cette femme relève de couches, ou, absolument, est relevée, elle est rétablie de ses couches, elle ne garde plus le lit, elle commence à sortir.
SÉV.: « Mme de Soubise vient encore d'accoucher ; mais elle relève trop grasse, cela fait qu'on n'a nulle pitié d'elle »
SÉV.: « Mandez-moi en quel état vous êtes relevée, si vous avez le teint beau »

 34   Terme de chasse. Se dit de la bête qui sort le soir de son buisson pour aller viander.

 35   Se , v. réfl. Se lever après avoir été à terre. Laissez cet enfant se .
CORN.: « Relève-toi, Rodrigue »
VOLT.: « Le tyran se relève, il blesse le héros »
DELILLE.: « Qui tombe sans frayeur se relève intrépide »
    Absolument. Sortir du lit où l'on était couché.
BOSSUET: « Dieu se compare à cette femme des Proverbes, qui se relève la nuit sans laisser éteindre sa lampe »
GENLIS: « Il faut se , rallumer la lampe.... »
    Sortir de son lit après une maladie.
J. J. ROUSS.: « Vaincue par les transports de sa rage, la marquise tomba malade et ne se releva plus »

 36   Se mettre droit, se dresser.
BOILEAU: « La Mollesse, en pleurant, sur un bras se relève, Ouvre un oeil languissant.... »
    Être mis droit, être redressé.
SAUSSURE: « Ce banc est à peu près horizontal ; il se relève cependant de quelques degrés contre le sud-est »

 37   Être remis dans sa position naturelle. Le navire, qui penchait, se releva lentement.

 38   Terme de marine. Se d'une côte, parvenir à s'en éloigner.

 39   Sortir de ses ruines.
RAC.: « C'est Hector qui produit ce miracle en votre âme : Il veut que Troie encor se puisse Avec cet heureux fils qu'il vous fait conserver »
DELILLE.: « Son temple se relève et ses fêtes renaissent »

 40   Reprendre des forces, de la puissance, du crédit.
BOSSUET: « Le superbe est tombé et ne se relèvera pas, disait Jérémie »
BOSSUET: « La Judée, qui commençait à Peine à se de sa ruine »
FLÉCH.: « Les Juifs ayant perdu tout espoir de se après les vains efforts que l'empereur Julien avait faits pour les rétablir »
HAMILT.: « L'infanterie espagnole ne s'était jamais relevée depuis la bataille de Rocroy »
VOLT.: « La France, tant de fois prête de succomber, se releva toujours »
    Se se dit de l'espérance, du courage.
BOSSUET: « Plus on est poussé au désespoir [pécheurs pénitents], plus l'espérance se relève »
    Cette pièce qui avait été froidement accueillie, s'est relevée aux représentations suivantes.
GENLIS: « On aura beau faire, la pièce ne se relèvera jamais »
    Cela se dit aussi d'un livre.
MAIRAN: « On ne pense pas que le livre de M. Audry se relève jamais du coup mortel qui lui fut porté dans cette rencontre »
    Se de quelque perte, de quelque échec, etc. se remettre de quelque perte.
FLÉCH.: « Il fallait un homme [Mazarin] qui sût, selon les occasions, profiter de ses avantages, ou se de ses pertes »
    Se d'un état d'abaissement, de décadence, etc. ou, absolument, se , sortir d'un état d'abaissement, de décadence, etc.

 41   Fig. Reprendre l'élévation morale, l'innocence morale.
SÉV.: « Nous [il s'agit d'une fille de Bussy] avons aimé un homme.... nous avons été si sotte que de l'épouser.... par bonheur nous avons fait le mariage le plus insoutenable du monde ; c'est ainsi que la Providence nous a laissée tomber, et nous présente ensuite les moyens de nous »
BOURDAL.: « Ils résistent rarement aux tentations, ils y succombent aisément, ils se relèvent difficilement »
FÉN.: « Il est bien plus glorieux de se ainsi, que de n'être jamais tombé »
MASS.: « On se relève aisément d'une première chute »
MASS.: « Il est difficile de se après être retombé »
DUCLOS: « Il est juste, et d'un gouvernement sage, qu'une famille qui s'est perdue par des fautes puisse se par des services »
DUCLOS: « Tant l'âme qui a rampé a de peine à se ! »
    Se d'un ridicule, échapper au ridicule encouru.
VOLT.: « Érasme, quoique longtemps moine, ou plutôt parce qu'il l'avait été, jeta sur les moines, dans la plupart de ses écrits, un ridicule dont ils ne se relevèrent pas »

 42   Se rétablir de ses couches.
BUFF.: « Elles [les Groenlandaises] accouchent aisément, et se relèvent dès le jour même pour travailler »

 43   Se remplacer, se relayer. Nous nous relevions d'heure en heure.
BOSSUET: « On ne sait [chez les Juifs] en quel rang placer les gens de guerre qui se relevaient, au nombre de vingt-quatre mille, à chaque premier jour du mois, avec douze commandants »
SAINT-SIMON: « Les capucins de Meudon se relevèrent à prier Dieu auprès du corps [de Monseigneur] »

 44   Être rehaussé, recevoir plus de relief.
COTIN: « Et quand tu vois ce beau carrosse, Où tant d'or se relève en bosse, Qu'il étonne tout le pays »

 45   Se rattacher à, se rendre dépendant de (emploi qui n'est peut-être que dans Pascal).
PASC.: « Toute notre dignité consiste dans la pensée : c'est de là qu'il faut nous , non de l'espace et de la durée »

REMARQUE
    On ne croit pas que notre cousine s'en relève ; dites en relève, pour se rétablir, guérir.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. CCLX: Isnelement sur lor piez [ils] ent [se relevèrent]
    XIIème siècle
     Th. le mart. 41: N'est pas sages qui chiet [tombe] quant ne volt
     Sax. I. 83: Berars de Mondidier devant Karle est venuz ; à ses piez s'agenoille, ses hom est devenuz ; L'empereres le baise et le releve sus
     Rois, p. 279: Li murs de une des citez le rei fut chaüd [tombé], e li reis cumandad as ducs et as princes de la terre, que il le relevassent
    XIIIème siècle
     Psautier, f° 175: Nostre sires relieve touz ceux qui trebuchent
MARIE: « Dou leon conte li escriz, Ki deffais ert [était] et enveilliz ; Malades jut mult longuement, Del n'i ot noient »
GUI DE CAMBRAI: « Pere, trestout li anchiien [les anciens] Sont mort ; mais il releveveront, Quant il le cor corner oront [ouïront], Ke li sains angles [ange] sonnera »
BRUN. LATINI: « Mal est à celui qui va seul ; car, se il chiet, il n'a qui le relieve »
     Fl. et Bl. 3335: Fortune, qui l'ot mise jus, L'a moult tost relevée sus
ALEBRANT: « À chiaus [ceux] qui sont foible et relievent de maladies »
JOINV.: « La royne, qui nouvelement estoit relevée de dame Blanche dont elle avoit geu à Jaffe, arriva à Sayete »
     la Rose, 8466: Il nous fust avis que la terre Vosist [voulût] emprendre estrif et guerre Au ciel d'estre mieux estelée ; Tant iert par ses flors relevée
    XIVème siècle
BERCHEURE: « Les Volsques relevez de la paour que il avoient eu »
     Ménagier, I, 6: L'autre dit que, depuis ce qu'ils estoient couchiés, il avoit fait sa femme
DU CANGE: « Ont grevé les povres es assietes des fouages, et relevez les plus grands et les plus riches ou au moins imposez à moindre somme qu'il ne deussent estre »
DU CANGE: « Jourdain Garnier ala en l'ostel de Jehan Decquetot, pour ce que la femme dudit Jehan, qui estoit cousine de sa femme, devoit cellui jour, et là fut ledit Jourdain et sa femme au diner »
    XVème siècle
FROISS.: « Et fut informé que le royaume d'Escoce mouvoit de luy en fief, et que le jeune roy d'Escoce, son serurge [beau-frère], ne l'avoit encores relevé ne faict hommage »
FROISS.: « Messire Pierre de Berne a de usage que de nuit en dormant il se releve, et s'arme, et trait son espée, et se combat, et ne sait à qui »
FROISS.: « Le roi respondit fellement qu'il n'en feroit rien ; le comte depuis n'osa le mot, mais se departit du roi et s'en alla à son hostel »
DU CANGE: « Icelle Monnette qui relevoit laditte accouchée [la conduisait à l'église lors de ses relevailles] »
    XVIème siècle
RAB.: « Je ay Carpalim d'une poine : je iray inviter Bridoye, si bon vous semble »
DESPORTES: « De clameurs, o Seigneur, j'ay comblé tes oreilles.... Vas-tu donc pour les morts tes hauts faits reser vant ? Se ont-ils pour chanter tes merveilles ? »
MONT.: « Une subtilité aiguë et relevée [dans la poésie] »
MONT.: « Nous estions perdus si ce livre [le Plutarque d'Amyot] ne nous eust relevez du bourbier »
MONT.: « Si j'en estois un coup vaincu et atterré [de peur], je ne m'en ois jamais bien »
LANOUE: « Qu'est-il donc de faire pour abolir ces petites guerres qui se font en paix, et qui rallument les haines et relevent les partialitez ? »
LANOUE: « Les catholiques avoyent quatre avantages sur leurs ennemis : à sçavoir l'artillerie, le nombre d'hommes, les bataillons de picques, et la place haute et relevée »
LANOUE: « La resistance qu'elle [la Rochelle] fit releva les affaires de ceux de la religion »
LOYSEL: « L'heritier du mari doit l'heritage sur lequel la femme prend douaire [il en doit foi et relief, comme nu-proprietaire] »
AMYOT: « Ce vent là portoit grand dommage aux navires barbaresques, qui avoient les proues relevées et les planchez haultz »
AMYOT: « Les assistans, prenans ceste cheutte à mauvais presage, s'en troublerent : mais luy, après s'estre relevé, leur dit.... »
AMYOT: « Des ouvrages relevez en bosse »
AMYOT: « Il avoit aussi les cheveux un peu relevez »
AMYOT: « Il s'alla mettre au lict, dont il ne se releva oncques puis »
D'AUB: « Il est venu offrir de merveilleuses richesses pour la couronne d'une grande partie de ses debtes »
D'AUB: « L'Estat alloit si mal, que les qualitez les plus relevées estoient opprimées »
D'AUB: « [Porter] la moustache trop relevée »
D'AUB: « Il chargea d'Aubigné d'aller les vedettes »
D'AUB: « De faire sçavoir à mes enfans qui ont esté ici declarez roturiers, que, s'ils n'ont la vertu des nobles pour s'en , je consens à l'arrest »
D'AUB: « De là le vicomte, relevé d'une petite maladie, resolut le siege de Reolle-ville »
D'AUB: « Elle manda à ceux des Païs-bas qu'elle estoit preste de [réparer] la faute de son fils »
COTGRAVE: « Fort est qui abbat, et plus fort qui se releve »

ÉTYMOLOGIE
    Wallon, rilevé ; provenç. et espagn. relevar ; ital. rilevare ; du lat. relevare, de re, et levare.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE RELEVER. Ajoutez :

 46   Faire renaître un usage, une tradition.
     Journ. offic. 2 mai 1870, p. 757, 2e col.: L'empereur, relevant une tradition qui remonte à Henri IV, a repris le titre de premier chanoine de Saint-Jean de Latran

 47   Terme de droit. Relever un huis clos, le faire cesser.
     Gaz. des Trib. 29 juin 1876, p. 636, 2e col.: La cour relève le huis clos ; les portes sont rouvertes, et les débats de la seconde affaire s'engagent

 48   V. n. En termes de marine, quitter un port, une rade.
     Journ. offic. 9 déc. 1874, p. 8123, 1re col.: La Martinique, paquebot de la compagnie générale transatlantique, est arrivée sur notre rade [Saint-Thomas], le 5 courant ; elle en a relevé le 6 pour la Havane et Vera-Cruz
     ib. 15 mai 1876, p. 3278, 2e col.: On mande de Plymouth, 14 mai : Le paquebot-poste.... est arrivé ici à 3 heures et demie, et en a relevé le 14 pour New-York
     Gaz. des Trib. 28 oct. 1876, p. 1039, 4e col.: Dans de telles circonstances, le capitaine n'est pas tenu de pour un port voisin, mieux pourvu de moyens de réparations, si...


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Remettre debout ce qui était tombé; remettre une chose dans la situation où elle doit être, une personne dans son attitude naturelle. "Relever une chaise qu'on a fait tomber. Relever une statue, une colonne qui est renversée. Relevez cet enfant qui est tombé. Cette femme se jeta aux pieds du roi, qui la releva avec bonté."
En termes de Marine, "Relever un bâtiment," Le remettre à flot. "Relever l'ancre," La changer de place, la mettre dans une autre situation.
Au Jeu, "Relever les mains ou levées qu'on a faites," Ramasser les cartes qui ont été jouées, les retourner et les mettre devant soi. "Relever les cartes," Les rassembler, réunir le jeu.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



avec le pronom personnel, Se remettre dans sa situation naturelle, se redresser. "Le navire, qui penchait, se releva lentement. On avait couché la tige de cette plante, elle s'est relevée d'elle-même."
Il signifie particulièrement, Se remettre sur ses pieds. "Je me trouvai mal étant à genoux, et j'eus beaucoup de peine à me . Voilà un enfant qui est tombé, aidez-lui à se ."
Il signifie absolument, Sortir de nouveau du lit; Se lever du lit par quelque motif extraordinaire, et pour se recoucher aussitôt. "Il a été obligé de se quatre fois cette nuit. Il ne saurait demeurer dans le lit, il se relève à tout moment. Ce portier s'est relevé dix fois dans la nuit pour ouvrir la porte."
Neutralement, "Relever de maladie," Commencer à se porter mieux, en sorte qu'on n'est plus contraint de garder le lit. "Il relève d'une grande maladie. Il ne fait que de de sa dernière maladie."
"On ne croit pas qu'il en relève, il n'y a pas apparence qu'il relève de là," se dit en parlant D'un homme bien malade, et qu'on croit qui n'en réchappera pas.
"Cette femme relève de couches," Elle est rétablie de ses couches, elle ne garde plus le lit, elle commence à sortir.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Rétablir ce qui était tombé en ruine, ce qui était fort dégradé. "Faire des murailles. Relever des fortifications. Relever un fossé."
Fig., "Relever une maison, une famille," La remettre dans l'opulence, dans l'éclat où elle a été. "Le père avait ruiné sa maison, le fils l'a relevée. Il lui fallait une grande alliance pour sa maison."
Fig., "Se de quelque perte, de quelque échec, etc.," Se remettre de quelque perte, etc. "Cette perte, cette banqueroute l'a accablé, il ne pourra jamais s'en . Pensez-vous qu'il s'en puisse ? Ils eurent quelque peine à se d'une pareille défaite. Cette monarchie s'était relevée de ses malheurs."
Fig., "Se d'un état d'abaissement, de décadence, etc.," ou absolument, "Se ," Sortir d'un état d'abaissement, de décadence, etc. "Cet empire parut, un moment, près de se . Leur puissance tomba pour ne plus se ."
Fig., "Cette pièce, qui était presque tombée à la première représentation, s'est relevée à la seconde," Elle y a obtenu du succès.
Fig., "Cela l'a bien relevé," se dit D'un homme à qui il est arrivé quelque grande fortune.
Fig., "Relever le courage, les espérances de quelqu'un," Exciter, ranimer son courage, faire revivre ses espérances. "La nouvelle de cet heureux succès releva le courage de nos troupes et les espérances des peuples."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Trousser, retrousser. "Relevez votre robe, votre manteau. Relever les bords d'un chapeau. Il faut et attacher avec un peigne les cheveux de cet enfant."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, Hausser, rendre plus haut. "Ce terrain est trop bas, il faut le de trois pieds. Il faut ce plancher pour le mettre au niveau du palier de l'escalier."
"Relever sa tête, la tête," La lever, la hausser lorsqu'elle était baissée. "Relever la tête," signifie, figurément, Reprendre du courage, de l'audace. "Cette faction, qu'on croyait abattue, relève la tête."
"Relever la moustache avec le fer," La retrousser avec un fer chaud, afin d'empêcher qu'elle ne retombe sur les lèvres.
Fig. et pop., "Relever la moustache à quelqu'un," Réprimer un homme qui fait le capable ou le méchant. "Il faisait l'entendu, mais il a trouvé un homme qui lui a bien relevé la moustache. Je lui relèverai bien la moustache."



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit absolument, en termes de Manége, Des chevaux qui ont le galop élevé, qui lèvent les pieds très-haut en galopant. "Les chevaux anglais ne relèvent point."
"Relever un cheval," Le soutenir de la main et de l'éperon pour lui faire porter la tête plus haute et l'asseoir sur les hanches.



7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Donner un goût plus piquant, un plus haut goût à des assaisonnements, à des ragoûts, à des sauces. "Le vinaigre, le jus de citron, etc., relèvent une sauce. Il manque à ce ragoût quelque chose qui le relève."
Il se dit figurément, dans un sens analogue, en parlant Des ouvrages d'esprit. "Il faut que le style soit simple, mais non sans quelque agrément qui le relève. Son ouvrage est d'une insipidité que ne relève aucun mot fin, aucun trait spirituel."



8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi figurément, Faire valoir, louer, exalter une chose. "Relever une bonne action, en le mérite. Vous relevez trop le peu que j'ai fait. Il ne sait les qualités de ses amis qu'en rabaissant celles des autres."
Il signifie encore, Faire remarquer; et il se dit en bonne et en mauvaise part. "Il se plaît à les beautés d'un ouvrage, au lieu d'en faire remarquer les défauts. Cette parole avait été dite sans mauvais dessein, elle ne méritait pas d'être relevée. Relever les fautes d'un écrivain, d'un auteur. Il a dit mille choses spirituelles que personne n'a relevées."
"Relever un mot piquant, etc.," Répondre vivement à celui qui l'a dit. "Il m'a décoché une épigramme, mais je l'ai bien relevée."
Fig., "Relever quelqu'un," Le reprendre avec aigreur, en lui faisant voir qu'il a parlé mal à propos. "Il avait avancé une proposition choquante, mais on l'a bien relevé."
Fam., "Relever quelqu'un du péché de paresse," L'obliger, par des menaces, des reproches et des ordres pressants, à travailler, à mieux remplir ses devoirs.
En termes de Vénerie, "Relever un défaut," ou simplement, "Relever," Retrouver la voie que l'on avait perdue.



9ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes d'Hydrographie, Déterminer, au moyen du compas de mer ou autrement, la position d'un objet que l'on aperçoit. "Relever un cap, un vaisseau à telle aire de vent, à telle partie de l'horizon. Relever par le travers, par le bossoir, etc." On le dit quelquefois, en termes d'Arpentage, Des opérations analogues qui se font sur terre, avec la planchette, avec la boussole.



10ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes de Guerre, signifie, Remplacer, mettre un nouveau corps de troupes à la place d'un autre. "Relever la garde. Relever de garde une compagnie. On vient de la garde chez le roi. On va de garde cette compagnie;" et absolument, "On vient de cette compagnie." Dans le même sens, "Relever la tranchée, les postes."
Il se dit pareillement Du corps, de la troupe même qui succède à une autre dans un poste. "Cette troupe va telle compagnie. Nous avons été relevés par les grenadiers."
"Relever une sentinelle, un factionnaire," et, "Relever de sentinelle," Ôter un soldat qui est en sentinelle, et en mettre un autre à sa place. "C'est au caporal à les sentinelles." Cela se dit également Du soldat qui prend la place de celui qu'on ôte de sentinelle. "C'est un tel qui a relevé son camarade de sentinelle;" et absolument, "C'est lui qui a relevé un tel."
En termes de Marine, "Relever le quart, le timonier, etc.," Les changer.
En termes de Cuisine, "Relever un service par un autre," Desservir les plats qui sont sur la table, pour en servir d'autres. "On releva les grosses pièces et les entrées par des rôts et des entremets délicats."



11ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit, par extension, en parlant De toute occupation dans laquelle on remplace une autre personne. "Je suis fatigué de lire, relevez-moi."
Il s'emploie quelquefois, dans le même sens, comme verbe réciproque. "Nous nous relevions d'heure en heure."



12ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes de Jurisprudence, Libérer d'un engagement, d'un contrat, lequel est déclaré nul ou cassé pour cause de lésion ou d'une nullité de fait ou de droit. "Il n'appartenait qu'au prince de quelqu'un d'un contrat. On prenait des lettres au sceau pour se faire de quelque acte. Tout mineur lésé est en droit de se faire des actes qu'il a passés en minorité. Il fut relevé de ce contrat, de cette obligation."
"Se faire de ses voeux," Faire déclarer ses voeux nuls. On dit de même, "Relever quelqu'un d'un serment."
"Relever quelqu'un d'une interdiction," Lever l'interdiction portée contre lui.
En termes d'ancienne Pratique, "Relever un appel," signifiait, Se faire autoriser, par lettres du sceau ou par un arrêt, à poursuivre l'appel qu'on avait interjeté d'une sentence. "Il fit son appel dans tel temps."



13ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes de Jurisprudence féodale, signifiait, Être dans la mouvance d'une seigneurie, dans la féodalité d'un seigneur. En ce sens, il est neutre, et il se disait tant Des terres et des fiefs, que Des personnes. "Ce fief, cette terre relevait de telle seigneurie, de tel seigneur. C'était une fort belle terre, qui ne relevait que du roi. Il relevait d'un tel, à cause de sa terre de"...
"Relever un fief d'un seigneur," Reconnaître avec les formalités requises qu'un fief était mouvant de lui. "Il fit saisir le fief de Paul, faute par celui-ci de l'avoir relevé." Dans cette phrase, "Relever" est actif.



14ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie, par extension, Être dans une sorte de dépendance de quelqu'un, ressortir de. "Celui de qui relèvent tous les empires. Il veut ne de personne. Cette administration relève de telle autre."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

et neut. [1re et 2e"e" muet, 3e "é" fer. Devant l'"e" muet, la 2de se change en "è" moy. il "relève", "relèvera", etc.] "Relever", est 1°. Remettre debout. '"Relever une" chaise, "une" statûe, "une" colonne renversée. 'Il se jeta aux genoux du Roi, qui "le releva" avec bonté. 'Il est vieux: il a peine à s'asseoir, et encôre plus à "se ". = "V. n." On dit: " de maladie", comencer à se porter mieux: 'Il "relève d'une" grande maladie: son frère "n'en relèvera pas".
- "Relever de couches", ou absolument, "relever"; comencer à sortir depuis les couches; elle "ne fait que de ", ou " de couches".
- 2°. Rétablir ce qui était tombé en ruine. '"Relever des" murailles, "des" fortifications, etc. = Figurément. "Relever une" maison, "une" famille. = "Se " (se remettre) de quelque perte. 'J'ai trouvé mon gouvernement dans un état si déplorable, que je ne crois pas qu'il puisse jamais "s'en ". Cic. "à" Atticus. "Mongault". = "Relever le" courage, "les" espérances; les ranimer, les faire revivre. 3°. Hausser. '"Relever un" terrein, "un" plancher trop bâs. = "Figurément", on dit, " sa" condition, "son" état, "sa" fortune. = "Relever une" action, la louer, l'exalter = Et dans un sens aprochant":" 'La parûre "relève la" bone mine: le jus de citron "relève une" sauce.
- 4°. Critiquer. '"Relever ce que" quelqu'un a dit, "les" faûtes d'un Auteur, etc.
- 5°. En termes de Guerre";" mettre un nouveau Corps de troupes à la place d'un aûtre. '"Relever la garde", ou, " de garde" une compagnie. On le dit même d'un seul soldat. '"Relever une" sentinelle, "les" sentinelles; ou, "relever" "un" soldat "de sentinelle".
- 6°. Au Palais, il a plusieurs sens. Remettre en pouvoir de faire. Annuler. 'Le Prince "l' a relevé de" ce contrat. "Relever un" mineur "des" actes pâssés en minorité. 'Il "s'est fait de" ses voeux. = "Relever un apel", prendre des lettres pour poursuivre un apel. = "Relever" d'une Seigneurie; en dépendre. 'Un Fief servant "relève d'un" Fief dominant.
   RELEVÉ, ÉE, adj. Haut, au "figuré". Condition "relevée", mine "relevée", sentimens "relevés". = S. m. "Relevé de compte"; extrait des articles qui regardent un même objet.
   REM. "Relever" n'a pas les mêmes régimes que le simple "élever". On dit: "élever à" un rang, etc. mais on ne dit pas, comme l'a fait Me. de B... ("Hist. d'Angl.") Ce Prince étoit le seul capable de "la " (l'Angleterre) "à" son premier point de puissance et de splendeur. Il falait, "de l'élever de nouveau", etc. = "Relever", pour, "augmenter", n'est bon que dans le figuré: 'La modestie "relève le" prix des aûtres vertus. Au propre, il faut dire "augmenter". BOUH. 'Les Perles ne vaudraient pas tant, si le luxe et l'opinion n'"en relevaient le prix". Dites: "n' en augmentaient le prix".
   On dit, en style proverbial, "relever" quelqu'un "de sentinelle", le reprendre, ne pas le laisser faillir impunément.




Emplacement dans le dictionnaire :

relevage
relevant
relevé
relève
relève-gravure
relève-moustache
relève-quartier
relevée
relèvement

releveur
relié
relief
relien
relier
relieur
religieusement
religieux
religion
reliques
reliques




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...malgré le sang qui m'affluait aux joues, me bourdonnait aux oreilles, et je gardai mon en-tout-cas ouvert ! Dans la suite des temps, il devait m'arriver maintes fois de passer mon chemin sans relever des injures lancées par de pauvres gens ignorants des causes ; mais je ne me rappelle pas en avoir souffert. Tandis que cette scène ! ... non, ma conscience ne m'a jamais fait accomplir rien d'aussi...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Pêcheur d'Islande)

...cinq années, au retour incertain, dont l'approche inévitable commençait à lui serrer le coeur... quatre heures du matin. Les autres, qui étaient restés couchés en bas, arrivèrent tous trois pour les relever. Encore un peu endormis, humant à pleine poitrine le grand air froid, ils montaient en achevant de mettre leurs longues bottes, et ils fermaient les yeux, éblouis d'abord par tous ces reflets de...


Citation n°3 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...naïveté : porc de rivière. ensuite les grecs pourront traduire cela en grec, les anglais en anglais, les allemands en allemand ; cela ne nous regarde pas. Outre sa nomenclature, où je veux encore relever quelques mots galants tels que chondroptérygien et macrorrhynque (comment des créatures humaines ont-elles pu émettre de tels sons, volontairement ? ), l'histoire naturelle possède une langue...


Citation n°4 de Louis HÉMON (Maria Chapdelaine)

...vous dire ce que j'avais à dire et savoir ce que vous me répondriez. Toutes les fois que le sol était nu l'espace de quelques pieds devant eux, dépourvu de chicots et de racines, et qu'il pouvait relever les yeux sans crainte de trébucher dans la neige, il la regardait, mais ne voyait d'elle que son profil penché, à l'expression patiente et tranquille, entre son bonnet de laine et le long gilet de...


Citation n°5 de Paul VIDAL DE LA BLACHE (Principes de géographie humaine)

...installèrent le travail agricole dans ces terres de grand avenir. L'infiltration se poursuit encore ; elle fait tache autour d'elle. Elle gagne peu à peu, dit-on, les chefs de clans, jaloux de se relever à leurs propres yeux par un vernis superficiel d'hindouisme. Quand la ruche est trop pleine, des essaims s'en échappent. C'est l'histoire de tous les temps. Ce n'est pas par hasard que les livres...


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